Une vie meilleure ?
Comment vais-je faire pour m'en sortir ? Cette question on se l'est tous posé au moins une fois dans notre vie. Pour tout ou pour un rien. Les jeunes adolescentes se demande: « comment vais-je faire pour réussir à rompre avec ce garçon ? » ou bien « comment vais-je faire pour persuader ma mère de me payer une nouvelle garde robe ? Le rose c'est trop tendance cette année ! Mais moi je n'ai que du bleu à porter, c'est trop dur ! »
Il est clair que pour cette jeune fille la question, le doute est terrible à vivre, une véritable torture. Pourtant, la réponse est simple: Prend ton courage à deux mains, va voir ce garçon et dit lui clairement les choses telles qu'elles sont, ou bien, si tu n'as véritablement aucune once de courage, embrasse un autre garçon sous ses yeux, le message est très clair. Si tu n'as pas d'autre garçon sous la main, prend une copine. Pour la garde robe, demande ton père, ta mère n'acceptera jamais ! Mais précise bien à ton père qu'il ne doit en aucun cas en parler à ta mère. S'il te demande pourquoi, dit lui juste que c'est pour lui faire une surprise, qu'elle va être enchantée de voir que sa fille adorée à autant de goût qu'elle !
Un peu plus délicat, un prisonnier se demandera plutôt que la garde robe, comment faire pour sortir de cette prison et ne plus jamais y revenir ? Voilà alors que plusieurs possibilités s'offre à lui. La première et non des moindres, patienter tranquillement que le dernier jour de détention arrive en imaginant ce que sera sa vie dehors. Suivant les cas, cela peut prendre plus ou moins de temps. Certains vont tanter la remise de peine pour bonne conduite, et vont ainsi devenir de véritables angesau sein même de l'enfer. Certains en bon diable qu'ils sont, vont continuer à garder la ligne de conduite qu'ils s'étaient fixés avant d'entrer ici, et vont jouer le tout pour le tout: l'Evasion !
Bon d'accord faut pas réver, ça marche pas à tous les coups. Le tunnel creusé dans un recoin de sa cellule pour aboutir au beau milieu des égouts, il y a bien longtemps qu'on en entends plus parler. Les pelles et les pioches ne sont plus admises en cellule. Bien que la petite cuiller fasse aussi beaucoup parler d'elle et reste bien plus spectaculaire. Mais soyons réalistes, n'est pas donné à qui veut, d'être bon prestidigitionniste.
Cela pourrait d'ailleurs être une bonne solution pour moi. Le problème c'est que comme magicienne, je ne vaux pas un clou. La seule chose que je sache faire disparaître c'est l'argent. Fortune que je ne possède pas d'ailleurs et qui me fait cruellement défaut. Bientôt fichée à la banque de France, la seule raison qui fait que je n'y suis pas encore, c'est mon charme irrésistible, qui séduit irrémédiablement mon banquier,et également mes amis qui bien gentillement renflouent mon compte lorsqu'ils voient que cela devient vraiment critique comme situation. Je n'ai pas besoin de m'en faire pour mon avenir financier, j'ai autour de moi suffisament de monde qui s'en préoccupent à ma place. Je suis en quelque sorte, une business woman ruinée, qui garde autour d'elle ses conseillers financiers. C'est à mourir de rire et également, totalement hallucinant. Une de mes amies m'a conseiller d'épouser un vieux miliardaire, mais moi je préfère de loin les jeunes héritiers... le problème ? Je n'en trouve aucun qui veuille de moi... Ce charme qui agit si bien sur mon banquier n'a à l'évidence pas le même impact sur ces jeunes hommes. Allez donc savoir pourquoi ! Peut être me manque t-il la renommée du patronime...et comme ce cher Brassens le disait si bien: « trompette de la renommée, vous êtes bien mal embouchées ! »
Alors comme je suis, vous l'aurez constaté, très douée pour trouver une solution aux problèmes des autres mais parfaitement incapable de résoudre mes propres soucis, mon psy m'a conseillé: » Ecrivez, cela vous fera du bien et en plus vous y trouverez, peut être, il a bien dit peu être, une solution. »
Il se pourrait bien qu'à force de donner des conseils aussi idiots, mon psy finisse par avoir lui aussi, quelques difficultés financières. Mais peu importe, car pour le moment, c'est mon psy et je dois lui obéir aveuglément. Alors j'écris. Problème je ne sais par quoi commencer. Par le début me direz vous peut être mais il n'est guère réjouissant. Quel que soit le début dont on parle d'ailleur. Ma vie est une succession de problème et d'échec. Le dernier en date ? Mon mariage bien sûr. Pourtant le début de celui-ci n'avait pas été si mal que ça quand on y regarde de plus près.
Un beau jeune homme, une belle jeune femme sont tombés éperdument amoureux l'un de l'autre... ah non ! Pardon mais c'est pas ça du tout !!!
En fait, à cette époque j'étais serveuse, apprentie serveuse pour être tout à fait exacte. J'avais travaillé quatre mois pour un employeur qui avait totalement omis de me déclarer et qui me faisait faire des heures supplémentaires à n'en plus finir. Je prenais mon service à sept heures du matin et je finissais à vingt deux heures, avec une pose, tout de même, de seize heures à dix huit heures. J'avais donc décidé de continuer mon petit bonhomme de chemin vers des cieux plus cléments et de travailler pour un emlployeur plus honnête. Je me souviens encore de la sérénade que mon très cher papa m'avait servi: »
_ « Mais enfin Nina, tu ne te rend pas compte, un travail de nos jours c'est extrèmement difficile à trouver ! »
_ « Mais papa, il m'exploite ! »
_ « Je ne veux pas savoir trouve au moins un travail avant de partir... »
_ « Euh ... non ! Je pars maintenant et je trouverai un emploi après ! »
_ »Evidemment madame n'en fait, une fois de plus, qu'à sa tête, mais madame ne viendra pas pleurer lorsqu'elle n'aura plus de travail et qu'elle devra abandonner son CAP, faute d'employeur ! »
_ » Oui papa tu as raison, et je démissionne... maintenant! Merci papa ! »
Quinze jours plus tard le problème était réglé. Je me suis dégotée le patron que tout le monde rêve d'avoir. J'étais enfin devenue une apprentie comme les autres, avec un numéro de sécurité social et tout le petit bazar qui va avec. Et les heures supplémentaires, rares quoi qu'il en soit, rémunérées à leur juste valeur... ah ! la douce joie d'un emploi stable. Et également de voir le sourire renaitre sur le visage de mon cher papa.
Mon employeur tenait une sorte de troquet, tout ce qu'il y a de plus ordinaire, ou venait s'y réfugier toute sorte de personne. Le retraité imbibé, venant partager un ballon de piquette rouge, aux aurores, avec tous ses camarades de boisson. S'éternisant jusqu'à ce qu'ils soient sur de pouvoir rentrer à la maison et de n'avoir qu'à y mettre les pieds sous la table, en reniflant un bon vieux râgout que cette brave maman aura pris soin de préparer à l'heure, afin dêtre sûre de ne pas avoir d'ennui avec son alcoolique de mari. La bande d'adolescent prépuberts ricanant bêtement au sujet d'une des jeunes filles faisant partie du groupe. Cette dernière génée, n'osant même pas se retirer de peur de se retrouver seule et abandonnée de tout ces amis...Voilà le genre d'endroit que l'on peut retrouver à peut prêt partout dans ce pays.
Bref, toujours est-il que parmis ce va-et-vient de clients plus ou moins interessant, se trouvait un jeune homme se prénommant Ludovic. Un garçon au demeurant simpathique mais d'une timidité maladive. Quoi qu'il en soit, il avait malgré tout pris la très courageuse décision de me séduire. Aujourd'hui, je ne peux m'empécher de penser que s'il avait su à ce moment là ce qu'engendrerai cette idée pour le moins odacieuse, il aurait très rapidement et gentillement fait demi-tour ! Or, il n'en était rien donc aucun obstacle ne pouvait l'arréter. Le problème, parce qu'il y a un problème. Cela aurait été bien trop simple, c'est que sa timidité ne se voyait refouler qu'avec l'aide de quelques centilitres, pour rester raisonnable, d'alcool. Se trouvant dans le bar chaque soir, pour venir prendre du plaisir juste par le simple fait de me regarder, je peux vous assurer que sa timidité restait en notre compagnie bien moins longtemps que lui. Une fois cette dernière éclypsée, il était capable d'absolument tout ! Et la liste est encore aujourd'hui à la tête de mon palmarès des hommes ayant fait le plus de chose pour m'attirer dans leur filet. Et dieu sait que des hommes il y en a eu !
Durant trois longs mois il s'est torturé l'esprit à trouver ce qui me ferait craquer. Des paires de chaussettes qu'il m'offrait pour compléter ma collection déjà bien importante ( je suis une collectionneuse loufoque et avertie !) jusqu'aux bouquets de rose qui n'en finissait pas d'envahir ma petite chambre de jeune fille vivant chez ses parents, en passant par des bijoux tous plus onnéreux les uns que les autres, ainsi que les demandes d'autorisation de sortie à ma tendre mère, qui d'ailleur fut bien surprise de cette démarche plus qu'inhabituelle. Cette anecdote parmis toutes les autres me fait toujour autant sourire. Pourquoi ? Parce que depuis l'âge de quatorze ans, j'ai cessé de demander à mes parents s'il m'était donné l'autorisation de sortir. Alors qu'un homme vienne lui demander une telle chose alors que j'étais à quelques jours seulement de ma majorité, cela l'a, vous n'en douterez pas, quelque peu déstabilisé.
Qu'importe, un jour finalement j'ai fini par céder à la tentation. Nous étions à la fin du mois de Janvier, quelque part entre le coucher et le lever du soleil, les étoiles étaient absentes. Le ciel s'était chargé de nuage et une pluie fine et abondante tombait alors. Il m'avait invité à passer la soirée avec lui et un de ses amis, pour une compétition de billard que j'avais perdu haut la main. Il m'avait ensuite raccompagné chez moi, ou plutôt son ami m'avait raccompagné car il était le chauffeur de la soirée. Je suis donc sortie de la voiture, en plein mois de janvier, le froid vous glace jusqu'à l'os, et moi je suis d'une frilosité maladive, je n'ai donc pas échappé à la règle. A peine le bout du nez dehors des millions de milliards de toute petites aiguilles vinrent s'enfonçer dans mon épiderme. Dans ma tête une seule chose: rentrer le plus rapidement possible sous peine de finir en statue de glace. C'était sans compter sur Ludovic qui me suivi avec à peine quelques secondes de retard.
Il me stoppa net en m'agrippant le bras. En un instant, j'étais là, le nez collé sur son torse musclé,recouvert d'un pull en cachemire qui ma paressait déjà de trop malgré cette nuit hivernale. Là, à me demander ce qu'il était en train de m'arriver subitement. Tout s'est passé tellement vite que j'ai à peine eu le temps de me rendre compte des évènements, et surtout d'en profiter. Quoi qu'il en soit je me souviens de ses lèvres soyeuses, de sa peau au doux parfum de musc qui lui donnait toute sa virilité, ses doigts qui tels des plumes caressaient ma nuque suffoquante de désir, de cette étreinte furtive et passionnée qui me laissa un sentiment de totale d'accomplissement, et en même temps, la sensation qu'il manquait quelque chose pour achevé ce tableau.
Il remonta dans la voiture, en me laissant un simple «à demain», et disparu dans le brouillard nocturne de Janvier. Je restais là bêtement à attendre certainement qu'il revienne, ou que la pluie finisse de me faire fondre telle la neige au soleil. Il n'en fut rien, et au bout de quelques minutes, je me suis résignée à rentrer dans la demeure familiale.